mercredi 15 décembre 2010

88.

Une cigarette, tient une main ridée.
Le bout de la branche fume.
La barbe est en automne sous le nez.
Il s'appuie sur une vieille guitare.
qui ne joue jamais.
qui ne joue jamais.
qui attend la chanson. en trois temps. une valse oui. une valse.
dans un atelier innondé de toile.
3052 autoportraits d'un guitariste cherchant quelque chose...
des papiers de mots en cherchant d'autres.
des silences brisant des silences.
-Ernest Nobsom- Écrits de jeunesse

mercredi 8 décembre 2010

87.

En fouillant dans mes notes, il y a quelques jours, j'ai retrouvé ces mots datant d'une douzaine d'années... Ils m'ont collés au cerveau et je sais à présent qu'ils ne pourront être enlevés sans en arracher la peinture:

'' Jai passé beaucoup de temps sur la route. Seul. Avant d'en arriver à maîtriser la langue, je me suis contenté de quelques échanges strictement pratico-fonctionnels. Je me suis habitué au silence. J'avançais d'une région à l'autre sans trop savoir qui ces gens voyaient à mon approche. Qu'est-ce que j'évoquais pour eux?

J'ai reçu hier, une carte postale datant d'il y a six mois. C'était une amie écrivaine qui avait nouvellement aménagé dans l'archipel des Açores:

''[...] où es-tu? J'ai cru te voir aujourd'hui: un grand type trop maigre avec la barbe et des vêtement sales.
J'ai su que tu allais bien à cet instant.

Tes lettres me manquent, je dois à présent les inventer.
Ne répond pas à cette carte.
Il y a si longtemps qu'on ne s'est pas vu que je me demande si tu n'as jamais existé.

Peu importe. Tu[*un espace infiniment petit sépare les deux mots*] es la [*un point plus qu'un accent grave, presque une erreur au dessus du ''a''*]. ''

[Signature illisible, mais tout porte à croire qu'il s'agit de Lumilla] ''

dimanche 5 décembre 2010

86.

'' L'existence de mon entourage se doit d'être constament réaffirmé: à la manière d'un radar, ce n'est que dans la réponse que je situe réellement ma position. Dire quelque chose m'effraie au plus point; je ne contrôle rien. Parfois, la réplique ne vient pas. Mes mots commencent à parler, lorsque les reçois. Et je ne conçois pas ma matérialité sans cette réponse.
Je ne conçois plus le langage comme une manifestation de la [.ma.] liberté. Celle-ci, s'affranfit de moi à la réception. Je ne veux plus lui parler, je bavarde, à la recherche, de ma position.
Qui es-tu Lumilla?''
-E- .Liberté et silence.