''Nous somme une race
grugée par l'indécision.
Septembre comme un chien.
Ne pas avoir écrit depuis un mois et demi. Travailler comme un
chien, à dévisser et revisser les solitudes qu'on finit par
regarder dans les yeux-de-miroirs avec calme. Aimer son travail,
c'est l'homme fatigué un soir de journée de 15 heures la bière
clouée au bar, le corps en lambeaux, les idées fêlées. Et sourire
à l'arrivée des potes, pour une autre nuit de pas-de-fin. Une nuit
commencé il y a deux semaines, et qui se terminera avec la saison
haute. Personne n'est capable de s'arrêter.
Janvier.
On gèle et l'on comprend
qu'à Montréal ou dans le jungle, c'est du même au pareil. On
appelle à la maison du pôle nord, les deux mains sur le combiné.
Une grosse banquise qui fond et qui se détache du continent. ''Allo!
Ça va? Je suis en vie. '' Rien d'autre, un ours blanc sur un boute
de glace, posant pour la postérité. La terre ferme est un mythe finit-on par conclure.
Une race qui meurt le
sait.
Nous ne sommes pas une
race qui meurt et qui le savons. Nous aurons toujours quelque chose à
nous dire la belle. Et se le répéter à en sculpter une petite
vérité. En attendant, on dirige le bateau sur des miles et des
miles de bitume, le couteau entre les dents. La liberté a ses
principes, mais se fout des serments. On rejoindra les potes au port
dans quelques années, à se saouler d'histoires déjà dans la
bière. ''
E.N. notes et carnets