lundi 14 mai 2012

106.

''[...]Il suffit de compter ses amants pour en mourir. Je ne suis que le réflexe narratif de quelqu'un qui a peur d'être. La route m'est confortable, étant entre deux points. La vitesse me calme. La fatigue mon seul atout. [illisible, semble être un prénom], je te cherche depuis des mois, j'ai égaré ton numéro, ton adresse, j'ai égaré ton odeur, tes cheveux, je me suis perdu entre tes cuisses. Je cherche ce rire qui explose et qui me touche le bras d'électricité. Elle te déteste. J'ai gardé une photo qui ne vieillit que dans ma mémoire et ces nuits dans montréal la folle blanche. Je dois aller au bout des choses, goûter la limite, la traverser la limite, lécher le miroir, m'y coller le visage jusqu'à fracturer la limite, le miroir, m'y couper le visage en rides ciselés, voir ses fragments me répondre que tout-est-possible, y passer ma tête, y passer mon corps, y passer l'entité quelconque qui me définit, y voir un quelconque créateur antimétaphysique de marde, lui prendre la plume des mains, lui crever toute les mémoires, retourner voir ce qu'il en est, de cette existence de déjà vus. À écrire des vers, debout, penché sur la commode, la main droite sur le mur pour l'empêcher de tomber, la gauche tenant la réalité de papier-vie, la droite à tenir le corps fatigué, la gauche à planter des clous sur une grande planche vernis d'échardes, à me débattre de réel, à chier du génie take-out, et à creuser avec un marteau, creuser, creuser.

Des amours,
Des idées,
Des ami(e)s

Vrais.

Ivre d'une époque, à déconstruire une légende morte de fatigue... ''

E.N. -Carnets de notes, tome 1 -