jeudi 30 janvier 2014

141.

«Je me suis acheté 3 h par jours. J'ai loué 4 heures de travail à quelqu'un. J'ai vendu mon temps pour des connaissances. J'ai sous-loué ma tête pis mes pieds pis mes mains depuis mes 15 ans. J'ai hypothéqué le char, mes déplacements pis une poignée de valeurs. Mes valeurs, cotées en bourse appartiennent à un CA d'investisseurs qui rappelle avec bienveillance à l'exécutif le droite chemin sécuritaire du salue éternelle et vice-versa. Ma visa a eu du bon temps, mais ne se rappelle plus trop du 32 mars 2010. Mes meilleurs deals ont été quatre trente sous pour une piasse et vingt. Jme suis acheté une girouette l'autre matin. Elle pointait 83 directions différentes. À me dit de réinvestir dans mes reers jusqu'à 63 ans pis après mourir. À me dit de comprendre que je vieillis plus vite que mes épargnes. À me dit de faire la juste part des choses. Y me dit d'avoir un plan et un cadre. Y me dit de faire un retrait dans mon compte opération : le garder au minimum de la mobilité. L'temps c'est pas payant. Pis la vie.
De l'eau pour éteindre ma tête stp. Bye.

Je.
Je suis revenu de l'autre bord avec beaucoup d'étrangeté dans la gorge.
J'ai échangé mes habitudes pour un billet de bus.
J'ai recommencé à écrire pour revenir.
Je communique au Je.

Je.»  

Simon Bossé-Pelletier