«Je me suis acheté 3 h par
jours. J'ai loué 4 heures de travail à quelqu'un. J'ai vendu mon
temps pour des connaissances. J'ai sous-loué ma tête pis mes pieds
pis mes mains depuis mes 15 ans. J'ai hypothéqué le char, mes
déplacements pis une poignée de valeurs. Mes valeurs, cotées en
bourse appartiennent à un CA d'investisseurs qui rappelle avec
bienveillance à l'exécutif le droite chemin sécuritaire du salue
éternelle et vice-versa. Ma visa a eu du bon temps, mais ne se
rappelle plus trop du 32 mars 2010. Mes meilleurs deals ont été
quatre trente sous pour une piasse et vingt. Jme suis acheté une
girouette l'autre matin. Elle pointait 83 directions différentes. À
me dit de réinvestir dans mes reers jusqu'à 63 ans pis après
mourir. À me dit de comprendre que je vieillis plus vite que mes
épargnes. À me dit de faire la juste part des choses. Y me dit
d'avoir un plan et un cadre. Y me dit de faire un retrait dans mon
compte opération : le garder au minimum de la mobilité.
L'temps c'est pas payant. Pis la vie.
De l'eau pour éteindre ma tête
stp. Bye.
Je.
Je suis revenu de l'autre bord
avec beaucoup d'étrangeté dans la gorge.
J'ai échangé mes habitudes pour un billet de bus.
J'ai recommencé à écrire pour
revenir.
Je communique au Je.
Je.»
Simon Bossé-Pelletier