lundi 28 janvier 2013

114.


"De l'ambition mon frère, ma sœur, à vous cerner les yeux de tous côtés, à marmotter de l’avenir de nuits en jours en nuits, on construit du rêve en futur de présent gagné à la sueur de front. On n'y réussi pas toujours, mais on gagne une dignité sans trêve.''

mardi 22 janvier 2013

113.


« Nous avons cessé l'écriture au Je depuis environ 10 ans. Qui est-il de toute façon? Si ce n’est que la dimension fracturée de ses souffrances. L’effort communicationnel n’est pas le crachoir de petites victoires ou défaites, même s’il n’est question que d’un grand jeu épuisant… D’ailleurs… »

 

E.N. -Fatalité des corps et des subjectivités-

vendredi 18 janvier 2013

112.


« Je lis et relis ce livre depuis 10 ans. Marelle. Depuis ces années avec la Sybille à courir Montréal et Montevideo. Dans mes siècles et fantasmes épurés. » -E.N.

jeudi 17 janvier 2013

111.

''Se pourrait-il que les épaules n'aient plus suffisament de place? Qu'à trop courir vers la lumière pis toute pis toute, on se retrouve si seul dans cette totale blancheur qu'il s'agisse d'une punition? Se pourrait-il que contourner ses faiblesses en attaquant celles des autres soit puni d'un silence infini?''
 
E.N.  Notes et archives *
 
 
 
*écrit durant son séjour en institution, où il était régulièrement question lors de nos rencontres de religion et de foi

mercredi 16 janvier 2013

110.

''Une marche sud-nord, trente milles visages, qui explosent d’informations, trop de signes dans la cabeza qui explose, sud-nord le quartier latin en fleurs de janvier, la neige fond dans les yeux des visages. Trop de sémiologie qui bombarde ma tête entre deux souvenirs liés aux trente milles visages qui explosent d’informations de fleurs de janvier. Un sourire à l’écoute d’un monologue sans son. Il se peut que trente ans d’existence se résument dans cette image. Un adolescent cherchant ses pieds, une dame son souffle, une jolie fille le calme, des étudiants courant les cafés. On n’y multiplie les analyses, on y perd la tête de manière graphique. Dans une rouille méta-vomi, qui agonise dans la vitesse, une rouille qui sort de la léthargie, on ne veut qu’y retourner, prendre une pause.                        Donc,                                                  quand l’information circule trop vite les ordinateurs arrêtent d’eux-mêmes, de surchauffent. Il n’y a pas d’ordinateur dans la tête qui explose. Les amitiés, les souvenirs, l’amour, la solitude. Le bonheur de renaître dans la cabeza qui explose d’idées qui ne font que renaitre. Il faut établir un contact social rapidement pour calmer le « fuck torrent » de la tête qui déraille. Vite. La peur de mourir de surchauffe de cabeza qui explose de répétition.
 
On raconte à l’autre des histoires sans lien, ni espace. Pas de silence, pas d’arrêt, surtout pas. Une réponse de cent questions à leurs propres échos. Sans question, on y creuse des amitiés de miséreux, des amitiés de salles d’attentes-cliniques-consultatifs, on y creuse bien loin à nous répéter notre solitude. On creuse bien loin dans la terre et on y trouve un visage terreux qui vous fait ce sourire terreux d’oxygène. On y fourre notre langue dans ce sourire terreux, la tête dans le trou, les pieds au ciel. Et on parle, on ne s’arrête surtout pas. On embrasse ce visage qui sourit et parle en continue de sans arrêt à vous embrassé l’âme de beauté bruyante et bavarde. Et nécessairement, on en ressort de la douce terre. On y enterre ensuite un bel amour avec la terre du fond. On pose une série de cent questions à chaque pelletée. Et ensuite on va prendre une marche direction sud-nord. ''
 
-Ernest Nobsom, Poésie sans « Je », parut dans « manuscrits et conférences », 1999  -

mercredi 9 janvier 2013

109.

''Nous étions une poignée de pirates*. La soirée avait été longue, nous nous demandions qu'elle serait la suite...''
 
-Contes et légendes, Ébauches
 
 
 
 
 
*Le terme pirates ici renvoie à ces gens, jeunes d'âmes ou de corps, portant en eux ce que je qualifierais de violence de vivre. Ces hommes et ces femmes qui ne peuvent s'arrêter, ils courent les études, le travail, la fête, les abus. Ils sont pour la plupart dans des situations précaires de toutes sortes. Ils marchent sur la ligne en riant. Ils accélèrent la cadences, la vitesse. Ils ne sont pas que des workaolics ou des bêtes de nuits. Ils changent d'idées à la moindre occasion, reviennent aux sources, quittent tout. Ils chercheront toute leur chienne de vie qui ils sont réellement. Et cela est parfait. Des jouisseurs, des fauteurs de troubles, des anars, des nomades, des intellectuels fatigués mais entêtés, des ramasseurs de sourires, des parleurs de longues soirées, des désespérés de fond de calle qui sortent finalement prendre de l'air pur au milieu d'une traversée, complètement nu et béat. C'est dans la dèche qu'ils s'en sortent le mieux. Dans un appartement crasse, dans une tente sur le bord de la route ou dans les lacrymos.

lundi 7 janvier 2013

108.

''Une première page. Une première page depuis des mois. Des mois de créations rachitiques, de rêves fatigués et de recommencements enthousiastes. On court la route, on s'y trouve chez soi, mais comme tout chez soi, on ne peut y rester. On s'attache aux épaves et naufrages humains. Des carcasses de longues routes, des raconteurs de misères, on s'attache à ces gens. Souvent, au moment de leurs dire au revoir après une longue journée-soirée-journée-saison, une poigné de mains de pupilles humides.
 
L'esprit qui explose en mille morceaux ce soir, La Maga* est assise devant moi et nous parlons durant une bonne dizaine d'heures. On y boit toute sorte de choses comme dans ces romans qui choisissent d'être qu'un peu à côté du réel. Du réel trop vivant enthéâtré d'une ou deux voix. Les nôtres qui se répètent constamment une mélondie atonale. Nous avons besoin de danger et de silence et de livres.
 
Écrire devient dangereux, mystérieux, intéressant, lorsque l'esprit se met à faire des rebonds. On y enterre quelque chose avec la même terre que l'on porte à la surface. ''

E.N. -Notes-
 
*Sybille