mercredi 21 octobre 2015

Mon 10 cents

Je vais lancer mon petit 10 cents dans la grande fontaine d'analyses post-électorales  : 

NPD

Je crois que le NPD aurait dû avoir une position plus agressive sur plusieurs dossiers et assumer cesdites positions (à la manière de notre positionnement dans le dossier de C-51, cela prenait du courage politique et cela a «payé»). Je crois que nous avons trop tricoté à droite dans les dossiers économiques comme environnementaux. Trop souvent, nous avons choisi une position ambiguë plutôt que de reculer sur certains enjeux. 

Je crois que le NPD doit se réapproprier ses origines socialistes (il faut appeler un chat un chat bordel même si le mot sent le XIXe siècle!), mais je crois surtout qu'il faut arrêter de vouloir plaire à tout le monde. Nous ne plairons jamais à tout le monde! Il faut cesser d'avoir peur de murmurer une opinion dite «radicale» et l'assumer. Cela se matérialise dans le leadership d'une part, que je souhaiterais voir beaucoup plus «vivant», un leadership passionné qui se trompe parfois à la Mélanchon ou Khadir. Un leadership que j'appellerais humain. Il faut arrêter de jouer sur le même terrain que la droite! Tâchons, en tant que femmes et hommes de gauches, de véhiculer autre chose que «l'austérité» et «moins d'austérité». Si la droite a réussi à visser dans nos têtes qu'elle est «rationnelle», boulonnons des ancrages comme «progrès», «égalité», «audace» dans l'imaginaire collectif. 

Je crois que le parti doit faire une sérieuse réflexion à ce niveau s'il ne veut pas retourner à 15-20 députés dans quatre ans. Nous nous sommes trop approchés du centre et un deuxième PLC n'est pas pertinent vous conviendrez. 

BQ

Les origines progressistes-conservatrices du parti ont refait surface durant cette campagne. À la manière du PQ qui a lentement glissé de la «coalition souverainiste» à Parti bleu idéologiquement orienté, le Bloc n'a pas réussi à retrouver la sympathie de la gauche. Legault qui appelle les indépendantistes à rallier la CAQ (http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2015/10/21/002-legault-appelle-souverainistes-rallier-caq-nationalistes-bloc-elections.shtml) en  dit long sur ce glissement à droite de la cause souverainiste. Même l'argumentaire identitaire du Bloc qui lui a permis de sauver les meubles durant cette campagne (malgré beaucoup de positions plus à gauche  : pro-environnemental par exemple) n'aura pas permis au Parti d'atteindre le chiffre magique de 12 députés. À moins de ressusciter Parizeau et de le cloner dans un Lévesque-modestie-de-ti-pain-et-charismatique, je crois que Gilles ''Bonaparte'' Duceppe a frappé son Waterloo et va enterrer son parti pour retourner écrire ses torchons de droite dans son journal de droite. Dommage parce que j'avais beaucoup de respect pour l'homme politique qu'il était malgré tout. 


(dans la deuxième partie  : PLC et PCC...)

lundi 15 septembre 2014

146.

«Pourquoi j'avais choisi une table isolée remplit de livres? Je ne sais pas. Chacun des livres me regardaient droit dans les yeux. Une évidence reliait la petite et la grande histoire. Un récit très documenté joué par un mauvais comédien qui ne faisait que tourner des pages-miroirs. Les livres semblaient lui faire un message. Les gens autours ne lui avaient laissés que cette table. Était-ce un complot? À défaut de trouver de la vérité dans le silence nous nous y perdions». 


-E. Bonaparte-  Fragments

«Je ne pouvais laisser sur cette table autant de livres. Avec des titres aussi mystérieux que: Vitesse et Silence: Interprétations asymétrique des désirs et du contrôle, ou alors Bienséance et violence: symbolisme de la radicalité, on plongeait la tête dans le lac en y cherchant toujours plus loin son visage». 
-E. Bonaparte- Émietté  






lundi 31 mars 2014

145.



Ce n'était pas de ces fois où les gens marchaient dans les rues avec d'immenses sourires et de la colère à la fois. Ce n'était pas de ces premiers jours de printemps qui vous accrochent sur une terrasse de café dans le quartier latin. Ce n'était pas ces matins amoureux. Ce n'était pas ces départs en voiture-sur-le-pouce-sur-la-route vers de hautes montagne, au nord, à l'ouest. Ce n'était pas la fois sur le bord de la frontière Yukon-Alaska les pieds gelés mais libres. Ces petits ordinaires avec ses extras. Ces rêves qui évoluent. Cette bande annonce de nos vies avant leurs sorties. Je ne cherchais plus la réalité dans ses coutures les plus fines. C'était un gros trou au niveau du genou-punk ma réalité. Dans mon film, il n'y a pas de couturiers. Ça ne se peut pas que j'aie perdu le micro et la caméra en même temps. Mes petits ordinaires sont cadrés par un directeur photo ivre, en sépia, surexposé.

Lui et l'image.

Des voix gesticules pendant que la musique ralentit tout, encore. Comme un vieux punk au coin de la rue avec trop de marde dans le sang qui fait du 9à5 pour son pusher. Y'a presque la cravate pis la carte de crédit loadée. Pogné dans le trafic avec tout le monde. Cela doit avoir quelque chose de rassurant. De ne pas être dans le char je veux dire.



Nous attendions quelque chose.

E.N.   

jeudi 20 mars 2014

144.

19 mars 2014

Nous écrivions de courts poèmes sur nos défaites respectives.
Et nous étions applaudis comme des héros nationaux. -E.Nobsom-

Je me réveillais souvent le matin avant tout le monde. Il y avait dans le couloir chez moi, de la poussière en suspension qui faisait son grand balai. Elle semblait tomber depuis des siècles cette poussière. De la chiure de temps qui tend à tout enterrer. Nous nous évertuons à garder les objets à la surface mais, le matin, la poussière prenait un peu d'avance et nous bravait sous les projecteurs. Et je ressentais, ces matins, une impression d'interdit qui me poussait à poursuivre ma progression dans le couloir du matin. Et j'écrivais sur mon chemin de courtes phrases sur les murs. Le mystère garde alerte.

J'écrivais partout, mais les mots et une lumière rougeâtre m'attirait invariablement vers la cuisine. Je terminais une phrase par les mots «logorrhée fiévreuse» (j'adore ces mots) lorsque je vis mon coloc, dos à moi, qui prenait un café à la table de la cuisine en fixant la cours arrière. Ma sensibilité était très cinématographique ce matin-là. Mon coloc également s'évertuait à déterrer les objets de la chiure de temps, mais aussi les personnes.

Parfois, il rencontrait une personne si poussiéreuse que son visage s'était déjà complètement figé.
Il y avait ceux et celles qui se roulait dans la poussière la nuit pour se protéger de la lumière.
Il avait même déjà déterré un jeune homme enfoui sous un bon 30 centimètres de poussière.

Nous avions comme stratégie le mouvement pour ne pas sombrer. Nous ne dormions pas plus de quelques heures par nuit à tour de rôle. Le mouvement, c'est emmagasiner le plus d'expérience possible sur une plus courte période possible. Je devais bien lire à cette époque un livre tout les cinq jours, éplucher 4 ou 5 journaux quotidiennement et travailler 60 heures semaine. Lui, c'était les films, l'histoire de l'art, l'anthropologie, etc. Enfin bref, vous voyez le topo. Notre action s'inscrivait dans un mouvement anti-sommeil/anti-poussière. D'une manière hebdomadaire, nous participions à des rencontres informelles et officieuses dans un bar près de chez nous. Ces rencontres se terminaient invariablement par la lecture de poèmes écrits par nous ou non.

Nous ne faisions pas de politique.

Ma copine nous avait initié à ce club. Elle nous avait appris que nous n'étions pas seuls. Lorsque j'ai rencontré Joséphine, j'avais presque perdu le combat. J'étais coincé dans mes derniers retranchements et il n'y avait que ma tête d'encore propre. Elle m'apprit à me battre. Joséphine était cette lumière brute qui m'éclairait le visage ces matins pluvieux. Vous savez au printemps, ces matins qui ressemblaient un peu trop à novembre? En mars, on a besoin de force et d'espoir. Joséphine s'était battu dans diverses guérillas avant de me rencontrer sur une ligne de picktage anti-cons. C'était une lionne féroce de 5 pieds 2 et j'en étais rapidement tombé amoureux. On se battait à la fois contre la nuit et contre le jour, contre la misère ordinaire, contre nous-même, contre le fascisme ordinaire, contre la poussière, contre l'espoir ordinaire, contre la vulgarité, contre la violence.

Nous avions nos paradoxes
Mais nous nous battions contre la poussière, dans le mouvement.



lundi 17 février 2014

143.

[suite...]


je prends la parole et dirige la discussion (il faut un coordonnateur). Nous élaborons un chapitre par jour sur un sujet qui nous est chère, etc, etc. »

[à suivre]


Nous écrivons sur de grandes pages des dialogues très denses entre un et plusieurs personnages. L'été, nous établissons notre quartier général sur les grandes tables de cafés du quartier latin. L'hiver, au contraire, nous nous cachons dans les endroits publiques les plus glauques dans l'espoir de ne pas être vu. Nous écrivons à divers spécialistes concernant nos problèmes respectifs. Ma psychologue se surprend que je sois fonctionnel et m'en félicite. Que j'ai une conception brouillée de certains concepts. Parfois, je dois avouer que ça me désennuie. Nous creusons. Nous creusons et de cette terre, nous sculptons des licornes, des héros et des cauchemars. Puis commence les 5@7, où la bohème universitaire sort de ses salles de classe. Nous nous plaçons à des endroits stratégiques de la table afin de bien débattre et de bien rendre l'écho à nos alliés probable. Les pichets de bière s'accumulent à une vitesse corollaire au nombre de boursiers et de gosses de riches ou du ratio de travailleur(se)s de la restauration assis à la table. On y parle de révolutions, de géostratégie, d'enjeux politiques, d'actualités et du dernier album d'Arcade Fire. On échange quelques informations quant à la prochaine action politico-artistique que l'on veut mettre en œuvre. On s'ennuie de 2012 en tabarnak. On hait les élections. On se dit que les élections est la contre-révolution la plus efficace. On se demande quelles seront les luttes à venir, s'il y aura avenir à tout ça. On se dit fuck les cons puis fuck la bourgeoisie. Fuck la société de consommation et on trinque au prolétariat.

Un prolétariat qui a besoin d'une bourgeoisie estudiantine, syndicale, intellectuelle, artistique si elle veut s'organiser un brin, croit-on modestement.

Nous quittons en douce avant les additions en suivant un groupe qui se dirige vers un vernissage ou un show à la Sala Rossa. Heureusement, la bière a calmé la faim un peu. C'est le mois mars, on attend le retour de la saison haute à job pour manger et payer des pichets aux amis. Heureusement, au vernissage-spectacle, il y a des petites bouchés. Nous parlons de constructivisme, de dada, de la nouvelle vague, on se garde au courant des nouvelles tendances, on name-drop la bouche pleine de pain et de vin et nous élaborons sur nos éternels plans et projets respectifs. Après la représentation de théâtre expérimental produit par les amis d'un ami, nous nous bousculons dans les marches de la rockette après être allés prendre un ou deux shooters avec le barman qu'on connait au quai des brumes en bas. Nous prenons ensuite un cocktail ridicule de drogues sur le bras en donnant les derniers dollars du dernier T4, en se félicitant d'être dans un endroit si bruyant, car de toute façon les gens ne parlent plus trop de manière cohérente et nous ennuie un peu.

Nous dansons. Et cela fait du bien. Il y a quelque chose qui se rapproche de la méditation et du religieux dans tout ça en convient-on.



Puis, la poutine, puis les discussions de divan jusqu'au soleil. Puis le café 24h, dans nos osties de vie 24h. 

vendredi 14 février 2014

142.

«Nous ne sommes pas un synonyme. 

Avec l'apparition des voix, nous avons commencé la rédaction du roman. Nous avons atteint les 10 000 silences de nos angoisses. Nous, parce que nous ne sommes pas seuls. Nous avons surpris les cadavres de notre lumière. Nous vivons leur fictions beiges au déjeuner alors qu'ils croient que ce sont des aventures. Nous ne sommes pas seuls. Horiacio Oliveira à mes côtés, Ernest à mes côtés, Émilio Poniatowska à mes côtés, la Sybille à mes côtés, nous sommes une communauté. Nous avons choisi Autre Chose. Nous avons choisi la vie qui nous a prise. En fait, nous n'avons rien choisi du tout. Nous sommes entrés par cette porte un matin de longue nuit, ou par un professeur inspirant, ou par un album ou film marquant. Puis, nous n'avons plus regardé en arrière. Nous avons creusé des canaux dans les plus terrifiants sous-terrains. 

Mais nous avons pas peur. 

Nous n'avons pas peur le matin quand le soleil se lève devant nos yeux fatigués. Nous nous réunissons dans les cafés 24h pour faire semblant de se lever. Puis, nous établissons le plan de match du jour: prendre un café (très important), ensuite marcher dans la même direction que les autres (il ne faut pas qu'on nous remarque), puis nous nous assoyons dans les bibliothèques d'universités, municipales et nous rencontrons des amis dans les campus entre deux cours (il faut avoir des amis universitaires), c'est là que les choses deviennent sérieuses: on débute nos séances d'écritures par un café très corsé (quelque uns d'entre nous fument), je prends la parole et dirige la discussion (il faut un coordonnateur). Nous élaborons un chapitre par jour sur un sujet qui nous est chère, etc, etc. »

[à suivre]

mardi 11 février 2014

141,5

Je dors pas. Montréal 30 février 2039495959.


J'angoisse, j'étudie pas, je suis fatigué. Je cours après mon nom. J'écris des projets. Je travaille partout, nul part. Partout. Je n'ai pas fait de poésie depuis mon dernier accident de vélo. Je marchais puis pouf la face en sang. Pu de vélo, en fait, il n'y avait pas de vélo.


Bonne nuit sacrament.