mercredi 18 janvier 2012

103.5


C’est un quart de siècle aujourd’hui qui me renter dans le corps. Étant la personne qui m’a choisi, je ne peux que m’arrêter et faire un rapide bilan de mon existence. Je vieillis dans la vitesse et je possède plus que jamais cette furieuse vie en moi qu’on m’a donné. Qui se débat, qui sue, qui me crie liberté, et injustice, qui s’indigne, qui s’émerveille de la race humaine; une furieuse vie qui me fait faire mille choses en même temps au risque de m’y perdre, qui me fait renaitre à chaque chutes, cette furieuse vie qui me fera noircir des centaines de pages encore, cette furieuse vie sale qui me fait chercher la musique dans le trafic, les mots dans le rien, et les images dans le Grand Film. Je dois cela à mes potes.

Je ne vais pas mourir aujourd’hui parce que. Et ils auront besoin d’une armée pour m’arrêter, et ça ne sera pas la bêtise, la connerie, les beaux yeux d’une belle ou la peur du silence-rien qui m’arrêteront.

Les 25 premières n’auront pas toujours été facile, mais n’auraient pus être mieux. J’attends les 25 autres de pied ferme.

Le sourire aux lèvres.

Mes frères, mes sœurs. Merci

Simon-Ernest

mercredi 11 janvier 2012

103.


''Ce que l’on pourrait qualifier de ‘’recueil’’ ici est en fait, une brique fracturée lancée dans la mare. Une mare figée dans une glace pâteuse et indécise. ''

Lumilla Farès, introduction Le grand oublié

lundi 2 janvier 2012

102.


‘’Te rappelles-tu? Cette route de terre, au chalet. Il faisait noir, on revenait de voir les étoiles au quai. Puis l’envie de courir nous a pris. Il faisait noir et presque trop froid, les étoiles, aucune autre lumière. Au chalet, sur cette route de terre. J’ai sprinté ce soir-là de toutes mes forces. Je riais presque aussi fort, mais j’avais conscience du risque de me fracasser sur un arbre trop froid. Mais je continuais, extérieur à moi-même, je n’entendais que mon rire à ce ciel de lumière-de-silence. La tête très haute, sur la route de terre au chalet.

J’eus la certitude d’une petite vérité : je vivais.’’

J’ai retrouvé ces mots dans un vieux cahier que j’allais jeter. C’était mon écriture d’adolescent, rapide, bourré de fautes, et sans aucune violence. Depuis que j’ai relu ces mots, l’impression de revivre ce moment en continue m’habite. Je me vois courir mes vingt ans dans Montréal la belle, entre les pôles et sur ces corps doux aux sourires timides.

Mes cendriers sont pleins, je suis maintenant vieux et fatigué [...illisible...]

E.

-Journaux et notes, Tome 3, avant-dernière page.