mardi 5 juin 2012

106,5


''La fatigue me prend à la gorge comme ces monstres lyriques qui me bavardent le crâne. Un discours à mille voix dans l'oreille. Une logorrhée diarrhéique de personnages unidimensionnels me laboure l'imaginaire. J'y existe. Ces personnages additionnés ne font qu'une toile au final, me décevant, incapable de les faire bouger.

Suis-je un peintre, un cinéaste, un essayiste? La vitesse a été mon moteur durant des années : des dialogues frénétiques supportés par un style nerveux ont creusé le silence de mes personnages, qui ont tout vu, qui étaient de chaque révolutions, à la guerre d’Espagne, qui ont oeuvrés dans la clandestinité durant les temps sombres. Ils sont maintenant fatigués, ivrognes, fous, assassinés. Ils deviennent des albums photos glauques et cyniques.

Ce projet de roman-monstre m’obsède depuis des années. Il est tout sauf cynique. On ne peut rassembler autant d'éléments sans s'y perdre. On ne peut vouloir autant dire quelque chose dans sa totalité sans utiliser plus d'une approche.''

e.n.

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