''La fatigue me prend à la
gorge comme ces monstres lyriques qui me bavardent le crâne. Un
discours à mille voix dans l'oreille. Une logorrhée diarrhéique de
personnages unidimensionnels me laboure l'imaginaire. J'y existe. Ces
personnages additionnés ne font qu'une toile au final, me décevant,
incapable de les faire bouger.
Suis-je un peintre, un
cinéaste, un essayiste? La vitesse a été mon moteur durant des
années : des dialogues frénétiques supportés par un style
nerveux ont creusé le silence de mes personnages, qui ont tout vu,
qui étaient de chaque révolutions, à la guerre d’Espagne, qui
ont oeuvrés dans la clandestinité durant les temps sombres. Ils
sont maintenant fatigués, ivrognes, fous, assassinés. Ils
deviennent des albums photos glauques et cyniques.
Ce projet de
roman-monstre m’obsède depuis des années. Il est tout sauf
cynique. On ne peut rassembler autant d'éléments sans s'y perdre.
On ne peut vouloir autant dire quelque chose dans sa totalité sans
utiliser plus d'une approche.''
e.n.
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