mercredi 16 janvier 2013

110.

''Une marche sud-nord, trente milles visages, qui explosent d’informations, trop de signes dans la cabeza qui explose, sud-nord le quartier latin en fleurs de janvier, la neige fond dans les yeux des visages. Trop de sémiologie qui bombarde ma tête entre deux souvenirs liés aux trente milles visages qui explosent d’informations de fleurs de janvier. Un sourire à l’écoute d’un monologue sans son. Il se peut que trente ans d’existence se résument dans cette image. Un adolescent cherchant ses pieds, une dame son souffle, une jolie fille le calme, des étudiants courant les cafés. On n’y multiplie les analyses, on y perd la tête de manière graphique. Dans une rouille méta-vomi, qui agonise dans la vitesse, une rouille qui sort de la léthargie, on ne veut qu’y retourner, prendre une pause.                        Donc,                                                  quand l’information circule trop vite les ordinateurs arrêtent d’eux-mêmes, de surchauffent. Il n’y a pas d’ordinateur dans la tête qui explose. Les amitiés, les souvenirs, l’amour, la solitude. Le bonheur de renaître dans la cabeza qui explose d’idées qui ne font que renaitre. Il faut établir un contact social rapidement pour calmer le « fuck torrent » de la tête qui déraille. Vite. La peur de mourir de surchauffe de cabeza qui explose de répétition.
 
On raconte à l’autre des histoires sans lien, ni espace. Pas de silence, pas d’arrêt, surtout pas. Une réponse de cent questions à leurs propres échos. Sans question, on y creuse des amitiés de miséreux, des amitiés de salles d’attentes-cliniques-consultatifs, on y creuse bien loin à nous répéter notre solitude. On creuse bien loin dans la terre et on y trouve un visage terreux qui vous fait ce sourire terreux d’oxygène. On y fourre notre langue dans ce sourire terreux, la tête dans le trou, les pieds au ciel. Et on parle, on ne s’arrête surtout pas. On embrasse ce visage qui sourit et parle en continue de sans arrêt à vous embrassé l’âme de beauté bruyante et bavarde. Et nécessairement, on en ressort de la douce terre. On y enterre ensuite un bel amour avec la terre du fond. On pose une série de cent questions à chaque pelletée. Et ensuite on va prendre une marche direction sud-nord. ''
 
-Ernest Nobsom, Poésie sans « Je », parut dans « manuscrits et conférences », 1999  -

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