Chère Joséphine,
c'est le mois de
novembre depuis des siècles. Ma poésie pu les cafés 24 heures. Les
discussions sans mots, les chorégraphies synthétiques et les
balades de regrets à quatre sous ont eu raison de mon énergie. Je
pue le cafard depuis des mois. Je longe les avenues du sud au nord,
jusqu'à ma bataille de Leipzig. Ma grande bataille avec Poniatowski,
mon frère polonais, qui ne se mêle qu'avec mélancolie à mon criss
de XXIe siècle de misère et de iphone. Je suis plongé dans mes
fictions depuis deux mois déjà. J'ai gouté à toute les sortes de
scotch avec Poniatowski. C'est en son honneur que j'ai nommé mon
personnage fétiche ''Émilio Poniatowska'', mon personnage est de
chaque bataille. J'aimerais y être. Poniatowski me trouve ridicule.
Je reviendrais en héro, couronné, avec la fatigue des aventuriers.
Et si tu meurs Bonaparte? aime-t-il me répondre (il adore m'appeler
Bonaparte). Eh bien, on m'oubliera comme cette défaite horrible. On
ne se souvient que des grandes victoires.
Je bois du scotch
avec Poniatowski, Joséphine je me sens seul dans mes cités froides.
J'ai lâché l'école. Je n'y trouvais que mes plus horribles échecs.
Je vais me lancer dans l'immobilier. Je vais vendre des condos puis
en acheter, puis..
Joséphine, je me
suis réveillé hier sur un carrelage de toilette. Je crois que
j'étais chez moi. Maintenant, les murs me surveillent et je
troquerais mes chemises bleus contre leurs stroboscopes
stéthoscope médicamenteux.
La curiosité
disparaît à chaque chèques de paye. On te déduit un peu de
ta substance chaotique au provincial, on te prend une cotisation
assurance vie au fédéral, pis le syndicat te donne le confort d'un
paraplégique. Tu es coincé dans ta maison et tu cherches tes amis.
Je suis tellement
fatigué Joséphine.
Ernest
3 commentaires:
Je sais tu es ou dans l'espace, je sais ou tu te trouves. J'imagine ton visage, j'imagine ton corps. J'imagine ton coeur qui pense à moi dans le pavillon vitré.
Tu es partout autour de moi, dans chaque espace de mon espace il y a une partie de toi. Indissociable.
Je t'aime Bonaparte. Mes mots se résument à ces petits bouts de phrases trop répétés. Je t'aime... je t'aime... et je n'ai même plus assez d'énergie pour que tu y crois encore.
Pourtant. Je ne peux même pas crier. J'ai plus peur que jamais. J'ai encore plus peur qu'hier. J'ai peur de t'effrayer le scotch et la peau du lynx.
Les grandes pavillons capitonnés de bouquins. Nos voix sortent par de minuscules espaces entre les pages déjà dictés. Une touche d'historicité s'en dégage.
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