mardi 10 décembre 2013

140.

Chère Joséphine,

c'est le mois de novembre depuis des siècles. Ma poésie pu les cafés 24 heures. Les discussions sans mots, les chorégraphies synthétiques et les balades de regrets à quatre sous ont eu raison de mon énergie. Je pue le cafard depuis des mois. Je longe les avenues du sud au nord, jusqu'à ma bataille de Leipzig. Ma grande bataille avec Poniatowski, mon frère polonais, qui ne se mêle qu'avec mélancolie à mon criss de XXIe siècle de misère et de iphone. Je suis plongé dans mes fictions depuis deux mois déjà. J'ai gouté à toute les sortes de scotch avec Poniatowski. C'est en son honneur que j'ai nommé mon personnage fétiche ''Émilio Poniatowska'', mon personnage est de chaque bataille. J'aimerais y être. Poniatowski me trouve ridicule. Je reviendrais en héro, couronné, avec la fatigue des aventuriers. Et si tu meurs Bonaparte? aime-t-il me répondre (il adore m'appeler Bonaparte). Eh bien, on m'oubliera comme cette défaite horrible. On ne se souvient que des grandes victoires.

Je bois du scotch avec Poniatowski, Joséphine je me sens seul dans mes cités froides. J'ai lâché l'école. Je n'y trouvais que mes plus horribles échecs. Je vais me lancer dans l'immobilier. Je vais vendre des condos puis en acheter, puis..

Joséphine, je me suis réveillé hier sur un carrelage de toilette. Je crois que j'étais chez moi. Maintenant, les murs me surveillent et je troquerais mes chemises bleus contre leurs stroboscopes stéthoscope médicamenteux.

La curiosité disparaît à chaque chèques de paye. On te déduit un peu de ta substance chaotique au provincial, on te prend une cotisation assurance vie au fédéral, pis le syndicat te donne le confort d'un paraplégique. Tu es coincé dans ta maison et tu cherches tes amis.

Je suis tellement fatigué Joséphine.


Ernest

3 commentaires:

Emilie Monteiro a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Josephine a dit…

Je sais tu es ou dans l'espace, je sais ou tu te trouves. J'imagine ton visage, j'imagine ton corps. J'imagine ton coeur qui pense à moi dans le pavillon vitré.

Tu es partout autour de moi, dans chaque espace de mon espace il y a une partie de toi. Indissociable.

Je t'aime Bonaparte. Mes mots se résument à ces petits bouts de phrases trop répétés. Je t'aime... je t'aime... et je n'ai même plus assez d'énergie pour que tu y crois encore.

Pourtant. Je ne peux même pas crier. J'ai plus peur que jamais. J'ai encore plus peur qu'hier. J'ai peur de t'effrayer le scotch et la peau du lynx.

Bonaparte a dit…

Les grandes pavillons capitonnés de bouquins. Nos voix sortent par de minuscules espaces entre les pages déjà dictés. Une touche d'historicité s'en dégage.