«J'étais assis à la table devant
moi et je regardais la personne qui me regardait dans le miroir de la
table devant moi, je me demandais comment interpréter le malaise de
la personne devant moi à ma vue, que la personne devant moi devait
avoir une histoire qui commençait par une quinzaine d'années sans
histoire et une impression de ne pas être seul devant soi. Et moi je
courais après le temps devant moi, me regardant regarder toujours et
un peu trop loin, me prenant les pieds. Devant moi, il n'y a que des
miroirs et devant moi, une mer sans fond. Une table pleins de papiers
qui possède un homme devant elle qui se regarde et se rappelle
l'esclave des jours sans lumière. Un dos bien remplit de doutes une
tête pleine de sable qu'il essaie de déloger avec un long tournevis
dans le crane. De longue croute de sable dans la tête devant soi
s’agglutine. Je trébuche et je trébuche. Je n'écris que pour les titres.»
-Retour des innocents sur la mer agitée- E.N.
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