lundi 25 novembre 2013

139.


«J'étais assis à la table devant moi et je regardais la personne qui me regardait dans le miroir de la table devant moi, je me demandais comment interpréter le malaise de la personne devant moi à ma vue, que la personne devant moi devait avoir une histoire qui commençait par une quinzaine d'années sans histoire et une impression de ne pas être seul devant soi. Et moi je courais après le temps devant moi, me regardant regarder toujours et un peu trop loin, me prenant les pieds. Devant moi, il n'y a que des miroirs et devant moi, une mer sans fond. Une table pleins de papiers qui possède un homme devant elle qui se regarde et se rappelle l'esclave des jours sans lumière. Un dos bien remplit de doutes une tête pleine de sable qu'il essaie de déloger avec un long tournevis dans le crane. De longue croute de sable dans la tête devant soi s’agglutine. Je trébuche et je trébuche. Je n'écris que pour les titres.»

-Retour des innocents sur la mer agitée-  E.N.

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