Chère Léonia,
Parfois dans la vie, on rencontre
des gens qui nous parlent. Ces personnes
sont extrêmement rares; ils passent parfois-toujours trop vite à la vitesse du grand jasage, celui qui semble rester
écrit quelque part, souvent des pages jaunis-chiffonnés-qu’on-reprend-qu’on-sourit-qu’on-oublie-jamais-totalement.
Ma seule réalité se situe dans ces moments lumineux que je revis constamment,
au grand risque de m’y perdre.
Je ne parle pas ici du passé.
Puis, on se crée des personnages
qui nous ressemblent, on les construit, si bien qu’ils se changent en miroir.
Lorsque je crée un personnage, il existe. Puis, vient la peur. Cette peur que
la soirée se termine et que le grand
jasage fasse place au grand silence. Il n’arrive jamais, car ces gens
vivent en nous à jamais. On garde une mimique, une expression, un ‘’moment’’,
ou si l’on veut, un ultime bastion de leurs mémoires. Léonia, la vie est un
film, un bouquin, ce que tu voudras. Tu es née à différents âges, au fil de tes
rencontres.
Nos ami(e)s perdus ne reviendront
jamais indemnes de ce grand silence. Cesses de t’en faire. Ils disparaîtront,
puis d’autres viendront. Parfois un prénom famillier viendra grignoter la mémoire. Bref, je m'égare, encore.
Amour.
-Ernest-
Correspondance, 18 août 19**
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