mercredi 27 mars 2013

122.


Le verbe est éteint. Quelques histoires en jailliront et nous serons là, en réceptacle stoïques à cueillir des informations, des données. L’envie d’exprimer quelque chose est évacuée. Une douleur à la poitrine accompagne chaque tentative de formuler quoi que ce soit. On oublie vite de toute façon. Un vieux portrait sale de 1984 sur le cœur. La bouche qui rouille et se scelle. Des mains usées et froides sur mon corps usé et froid. Ne parlerai plus.

Ernest Nobsom, Carnet d’un interné

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