mercredi 13 novembre 2013

137.

«Il y avait cette envie d'écrire de longues phrases sans fin. Des je remplient d'humanité et de drame. Des tu d'accusations, de souvenirs et de complicités. Des nous solidaires de grands soirs, des nous à la chandelle sans électricité en pleins milieu des premiers froids de novembre, sans prédicat, qu'un long sujet sans action, le cauchemars avec un grand sourire. Du gros vous sale qui allez danser avec l'énergie d'on ne sait où. De la danse de sourds sur de la poésie d'ordinateurs qui vous piétine le crâne le matin, puis le jour, puis le soir dans cet interminable acouphène en 4/4. On se doit de se réapproprier les métros et en faire des endroits joyeux, pas des bunkers de cadavres. Puis des ils et des elles, ces étrangers qui sont venus de loin et qui repartent loin, dans les gares et les autoroutes en zigzags. On ne se souvient même plus de leurs noms. Et finalement, ce il impersonnel que cache tous les poètes et les banquiers de l'affect qui aiment ces longues phrases usées et vieux jeu. Du monde riche et anonyme, qui nettoie votre vaisselle et vous sert le caviars. Fuck off.

Une seule longue phrase en petits caractères dans un cahier trop petit trop remplit sans tâches de café, avec les mains tremblantes de froid, criss de froid c'est déjà la saison sèche, je ne sais pas comment je vais faire cette année, je, je recommence les questions les voyages dans ma tête enfermée et têtue, tu diras à chose que je monte dans l'ouest bientôt, tu? Tu feras comme si tu étais surpris de mes histoires et tu commanderas un autre pichet au barman que la soirée va être longue que la poésie va être sale et pâteuse. On se mettra à rire du ridicule de nos vies pis on regardera les routes sur google map pis les billets d'avions. On? Nous serons éphémère comme ces belles révolutions qui ont toujours lieu quand il ne fait pas trop froid. Nous ne serons pas capable d'écrire qu'une longue phrase, il y aura trop de ponctuations et de parenthèses pis des guillemets aussi. J'ai du feu dans les mains. Vous n'y verrez que la lumière, pas les brûlures. Ils sont où les potes en novembre?


Lumilla, je crois que je m'améliore.»

Ernest Nobsom, Punk

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