« C’était dans le ventre que ça se passait. La tête qui battait à un rythme cardiaque irrégulier. Des mots qui se sont répétés en boucles, dans un ordre relatif. On se demande même parfois qui vous les répète à l’oreille en continue. C’est presque vous qui avez le contrôle.
Une identité provisoire construit sur le rythme cardiaque de la tête et d’une poésie schizophrénique dans les mains qui tentent de boucher les oreilles. Nous sommes des gens insatisfaits. Nous étions vannés, abimés pour les raisons que tu sais. Nous nous ennuyons facilement sous le soleil et sous les réverbères. Tu le sais. Nous nous étions promis tant de printemps, puis l’été a brûlé notre groupe. On a perdu des gens en chemin. Une identité de rêverie dont je parle et tu le sais. Une rêverie ponctuée de tics nerveux qui salissent ce visage dans la fenêtre. Un reflet.
L’insatisfaction se traduit par un rire fort et du mouvement. Elle te prend aux trippes et tu ne peux que fermer les yeux et tu ne peux que te cogner dans le réverbère sous le soleil de mars et tu te relèves et tu continues les yeux presque fermés cette fois comme une tempête dans Montréal la folle tout trempe de mars et tu arrives chez toi et tu embrasses cette femme qui te sourit en comprenant que la neige et la bosse au front du réverbère et que tu ne peux que te demander pourquoi est-elle en amour avec cet écrivain névrose du reflet de la vitre.
-Ernest Nobsom- Carnet d’un interné
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire