''Lorsque j’écris le visage
parle au papier. Il lui dit ce qu’il se doit. On n’y fait pas de la grande poésie
sur les lignes du papier. C’est dans les marges que cela se passe. Le papier
est séparé en deux. Il y a la marge et l’espace alloué pour le texte. Quand j’écris
le visage pointe la margetoujourshâteauxfuturscorrection.
Je n’aime pas un texte blanc. Un texte qui se respect se remplit de ratures et
contient des redondances. Une pensée ce n’est pas propre, ça radote pis ça chie
pis ça pousse des sons étranges. Un texte est tâché de café et n’est pas écrit
avec un Mac. Un texte, ce n’est pas de la bière sur les chandails de ces femmes
que je sers bien humblement. De la poésie. C’est un concept qui me dégueule, ça
sent le windex, le propre, le désinfecté, ça sent le beige. C’est propre de la
poésie. Pis le visage ne parle pas quand on écrit de la poésie. C’est du
mordillage de crayons, la main dans les culottes, la pensée ben bandée.
Quand vais-je sortir d’ici?‘’
Ernest Nobsom –Carnet d’un
interné-
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