mardi 16 avril 2013

127.

''Lorsque j’écris le visage parle au papier. Il lui dit ce qu’il se doit. On n’y fait pas de la grande poésie sur les lignes du papier. C’est dans les marges que cela se passe. Le papier est séparé en deux. Il y a la marge et l’espace alloué pour le texte. Quand j’écris le visage pointe la margetoujourshâteauxfuturscorrection. Je n’aime pas un texte blanc. Un texte qui se respect se remplit de ratures et contient des redondances. Une pensée ce n’est pas propre, ça radote pis ça chie pis ça pousse des sons étranges. Un texte est tâché de café et n’est pas écrit avec un Mac. Un texte, ce n’est pas de la bière sur les chandails de ces femmes que je sers bien humblement. De la poésie. C’est un concept qui me dégueule, ça sent le windex, le propre, le désinfecté, ça sent le beige. C’est propre de la poésie. Pis le visage ne parle pas quand on écrit de la poésie. C’est du mordillage de crayons, la main dans les culottes, la pensée ben bandée.

Quand vais-je sortir d’ici?‘’

Ernest Nobsom –Carnet d’un interné-

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