« Cela fera bientôt 8 mois.
Tout avait commencé par un événement anodin. Cela commence toujours par un
événement anodin. Ensuite les coïncidences avaient fait place à une redondance
dans les événements. Un schéma s’était créé, installé et prenait de plus en
plus de place. Nous devions travailler avec les contraintes, les tordes et en
faire un petit morceau de réalité. JE.
ME. SUIS. MIS. À. ENTENDRE. DES. VOIX. UN. MATIN. D’ÉTÉ. COMME. LES. AUTRES. C’était
au début qu’une seule voix en fait. Une voix grave et monocorde remplissait les
blancs de l’esprit et qui répondait naïvement aux interrogations. Puis, elle s’est
faite plus impérative et était accompagnée d’une autre, plus aigue et mielleuse
celle-ci. Toute deux occupaient à présent l’entièreté de l’espace acoustique des
pensées du sujet terrorisé, déversant leurs logorrhées visqueuses dans ses
réceptacles les plus défensifs et vulnérables. Les actions n’étaient plus
dirigées que par les voix qui revenaient lui dicter ou suggérer des actions. Un
soir arrosé, ce qui devait arriver arriva, les fils se sont touchés. JE. NE.
SUIS. PAS REVENU. INDEMNE. Puis le grand sommeil de médocs, et la grande
rencontre avec Louis Wolfson. Et maintenant? »
Ernest Nobsom -Carnets d’un interné-
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