dimanche 10 février 2013

117.

 
« Cela fera bientôt 8 mois. Tout avait commencé par un événement anodin. Cela commence toujours par un événement anodin. Ensuite les coïncidences avaient fait place à une redondance dans les événements. Un schéma s’était créé, installé et prenait de plus en plus de place. Nous devions travailler avec les contraintes, les tordes et en faire  un petit morceau de réalité. JE. ME. SUIS. MIS. À. ENTENDRE. DES. VOIX. UN. MATIN. D’ÉTÉ. COMME. LES. AUTRES. C’était au début qu’une seule voix en fait. Une voix grave et monocorde remplissait les blancs de l’esprit et qui répondait naïvement aux interrogations. Puis, elle s’est faite plus impérative et était accompagnée d’une autre, plus aigue et mielleuse celle-ci. Toute deux occupaient à présent l’entièreté de l’espace acoustique des pensées du sujet terrorisé, déversant leurs logorrhées visqueuses dans ses réceptacles les plus défensifs et vulnérables. Les actions n’étaient plus dirigées que par les voix qui revenaient lui dicter ou suggérer des actions. Un soir arrosé, ce qui devait arriver arriva, les fils se sont touchés. JE. NE. SUIS. PAS REVENU. INDEMNE. Puis le grand sommeil de médocs, et la grande rencontre avec Louis Wolfson. Et maintenant? »
Ernest Nobsom  -Carnets d’un interné-
 
 


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